Le fils aîné du président Laurent Gbagbo ne supporte plus la mauvaise gouvernance qui caractérise le régime Ouattara. Michel Gbagbo a gros sur le cœur comme il l’exprime. «Président Ouattara, ça suffit ! On en a marre de la violence. On en a marre du racket», a-t-il explosé, dimanche dernier, lors d’un meeting dans la sous-préfecture de Toupah, département de Dabou.

Pour lui, ceux qui croyaient que seul Alassane Dramane Ouattara était capable de ramener la paix en procédant au désarmement des rebelles sont désillusionnés et déchantent aujourd’hui. «On a des parents qui disaient qu’il faut voter Ouattara pour avoir le désarmement. Des gens disaient qu’avec Gbagbo, on tourne en rond.

Le constat est qu’Alassane Ouattara est là, mais les dozos sont là et les gens continuent de circuler avec des armes», a rappelé l’invité spécial de la Jeunesse du Front populaire ivoirien. Et Michel Gbagbo de conclure : «Quand quelqu’un prend les armes pour s’installer, il ne veut plus laisser. C’est ce que nous vivons ».

L’ex-prisonnier politique dit être scandalisé par la corruption et la justice des vainqueurs. «Pour être un sous-officier de police, soutient Michel Gbagbo, il faut payer 800.000Fcfa. Pour devenir officier de police, il faut payer 1.000.000 Fcfa.

Pour entrer à l’Ena, il faut payer plus d’un million. C’est cela la gouvernance ?». Par ailleurs, il dénonce les membres du gouvernement actuel qui sont englués dans des affairistes. «Un ministre, insiste-t-il, n’est pas un commerçant ni un homme d’affaires. Ceux qui sont dans ce gouvernement sont tous dans les affaires. Ce n’est pas normal».

Au dire de l’orateur, les prix des produits agricoles, notamment l’hévéa, le cacao et l’anacarde ont considérablement chuté depuis l’avènement du pouvoir Ouattara. Ce qui l’amène à accuser le pouvoir d’Abidjan d’être à l’origine de la misère des Ivoiriens.

«Les Ivoiriens ont trop de choses sur le cœur. Si on continue de les maintenir dans la misère, si on ne libère pas la parole, si on ne va pas à la réconciliation, on risque de connaître un nouveau chaos pire que la crise passée», prévient-il.

Abordant la question de la détention du président Gbagbo à la Cpi, il a été rassurant en ces termes. «Le président Gbagbo va revenir. Le dossier de 2000 pages de la procureure est vide».

Michel Gbagbo était accompagné de Diabaté Bêh, membre du Secrétariat général du Fpi. En tant que fils du nord, ce dernier s’est insurgé contre la présence en ville des dozos. Il a expliqué qu’il est né d’un père dozo. Précisant qu’étant des chasseurs, l’environnement des dozos est la broussse et non la ville. Diabaté Bêh exige, par conséquent, le retrait des dozos des villes et des villages pour laisser la police et la gendarmerie faire leur travail.

Leurs interventions ont été précédées de celle d’Adèle Nikpi, membre du bureau national de l’Offpi. Comme elle, le fédéral du Fpi, Atchory Gnagne et le fédéral Jfpi, Gnagne Habib Esso, et Dassé Claude Désiré, représentant le secrétaire national de la Jfpi, ont exhorté à plus d’audace et d’ardeur dans la lutte.

Le doyen des militants, Bédi Djobo Lambert, connu comme l’ami de Laurent Gbagbo, a fait le déplacement de Débrimou pour se joindre aux jeunes.

Benjamin Koré Envoyé spécial à Toupah