Du moment où les européens vivent, les autres peuvent bien périr

Aucun peuple n’a autant migré au cours de l’histoire que le peuple européen. S’installant de force en Afrique, en Amérique en Océanie, en Asie, massacrant des millions de gens pour s’accaparer de leurs terres et s’imposer à eux comme féodaux ; nous, Noirs, Aborigènes, « Indiens d’Amériques » avons vu nos ancêtres périr sous la cruelle immigration européenne. Aujourd’hui, après avoir détruit nos territoires, ces mêmes européens ferment leurs portes aux nôtres à qui ils ont réussi à vendre l’illusion de l’aisance dans laquelle ils vivraient.

L’Europe a toujours eu de par le temps une relation internationale très égoïste avec les autres peuples. C’est un continent au peuple ultra-nombriliste qui pense que sa survie à elle seule importe. Du moment où les européens vivent, les autres peuvent bien périr. Et leur « humanisme » est plus renforcé vis-à-vis des animaux que des individus de leur espèce. Si des milliers d’éléphants, d’ours, de lions de gazelles trouvaient la mort chaque mois en essayant de fuir la famine et la sécheresse des forêts africaines pour se réfugier en Europe, il y aurait des millions d’européens qui se mobiliseraient contre cette barbarie humaine et cette catastrophe « écologique ». Mais il est question d’êtres humains et pour le reste du monde, tout ce qui vient de l’Afrique (à savoir les animaux, les minerais et même le bois) a plus de valeur que les humains qui y vivent.

Ceux qui prétendent être les plus érudits de la société européenne disent ne pas vouloir accueillir la misère du monde car dans leur intellect obscur, ils ignorent que ce sont eux qui ont exporté la misère de l’Europe au reste du monde. Oh Oui, comme pauvre nous étions quand les français vendaient leurs épouses au marché pour s’acheter à manger au 13eme siècle. Oh comme misérables fumes-nous quand la peste et la famine eurent ravagé l’Europe au point ou l’Empereur du Benin eut fait don d’un cargo de vivre au Portugal au 16eme siècle.

Accueillir la misère du monde, si des peuples devraient s’en plaindre, j’en laisse le soin au sud-africains, aux zimbabwéens, aux algériens, aux namibiens qui virent leurs terres transformées en colonies de peuplement afin que le plus nul des européens puisse se faire appeler « Master » ou « Patron».

L’Europe ne veut plus d’immigrés mais il y a plus d’européens qui émigrent vers l’Afrique que d’Africains qui émigrent vers l’Europe et le flux migratoire est d’ailleurs en notre défaveur. Mais quand allons-nous en Afrique apprendre à faire comme les européens et fermer nos portes afin que les peuples les plus auto-suffisants de la planète réalisent que plus de 200 milles de leurs citoyens vivent illégalement aujourd’hui en Angola et plusieurs autres millions sont éparpillés dans nos pays avec des visa touristes de deux semaines expirés depuis plus de quinze ans? Quand est ce que nos « forces de l’ordre » apprendrons à trainer le blanc dans la boue comme le font les policiers européens avec les africains ou encore quand apprendrions-nous à humilier les européens dans nos marchés publics comme les nôtres le subissent quotidiennement en Europe ? Demain ne sera point la veille car malgré toute ces années d’assimilation que nous avons subi de l’Europe, nous ne réussirons jamais à devenir le peuple misanthrope, égoïste et inhumain dont les siens sont le reflet.

L’Africain qui s’installe en Europe pour travailler est un simple immigré tandis que l’Européen qui vient travailler en Afrique est un expatrié. Et oui, la politique du vocabulaire : l’européen n’émigre pas ; il s’expatrie.

Farida Nabourema

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