Et de… beaucoup pour le Général Isaac Yacouba Zida. Déjà poursuivi par la justice de son pays pour « désertion », puis ailleurs accusé de corruption durant la transition, ainsi que de la répression de l'insurrection d'octobre 2014, en tant que chef des opérations de l'ex-RSP, l'ex-éphémère chef de l'Etat burkinabé (du 1er au 21 novembre 2014) et tout aussi ex-Premier ministre de la transition (21 novembre 2014-29 décembre 2015), est de nouveau sur la sellette. Et cette fois-ci, c'est la justice canadienne qui le soupçonne de blanchiment d'argent.

Selon notre confrère parisien Jeune Afrique, l'homme qui avait été promu Général de division "à titre exceptionnel" le 26 novembre 2015 par le président de la transition Michel Kafando, « fait l'objet d'une enquête portant sur des mouvements de fonds suspects après que son épouse a été interceptée avec 208 000 euros en espèce à l'aéroport d'Ottawa. ».

La tourmente du Général (radié en janvier 2017 de l'effectif des Forces armées burkinabé par l'actuel président Roch Marc Kabore suite à son installation à Ottawa au Canada depuis janvier 2016), remonte à novembre 2017, quand la Gendarmerie royale du Canada (GRC) adresse à l'ambassadeur du Burkina au Canada, Athanase Boudo, une correspondance dans laquelle elle sollicite "l'assistance" du gouvernement burkinabè afin de retracer l'origine de "transactions financières suspectes".
« Cet inspecteur affirme qu'après l'arrivée de Zida et de son épouse à Ottawa, 'certaines transactions les impliquant ont été rapportées à la GRC », car elles « comprenaient des indicateurs associés au blanchiment de capitaux », rapporte Jeune Afrique.

La correspondance dont notre confrère du 57 bis Rue d'Auteuil a obtenu copie mentionne à cet effet le fait que « … le 9 septembre 2017, Rehanata Stéphanie Zida-Kaboré (l'épouse du Général, ndlr) a été interceptée par les agents des frontières à son arrivée à l'aéroport d'Ottawa avec 208 000 euros en espèces (136,438 millions F.CFA au taux de 1 euro pour 656 F.CFA, ndlr) qu'elle aurait omis de déclarer. »

Le Burkina a répondu favorablement à la demande de coopération de la GRC, dès la réception de la correspondance de la GRC en novembre 2017, fait savoir Jeune Afrique. Sauf que depuis lors, la suite est demeurée un mystère. Autrement, l'opinion n'aurait pas attendu la révélation de Jeune Afrique pour être mise au parfum du scandale.

Ce qui amène le juriste et politologue burkinabé Siaka Coulibaly à préconiser l'impératif de collaborer qui incombe aux autorités du Burkina, aux fins de clarification de l'affaire : « Les autorités burkinabè en général doivent collaborer avec la justice canadienne afin que la vérité soit établie, à la place des nombreuses rumeurs qui courent autour de l'ancien premier ministre. La justice burkinabè doit jouer sa partition ainsi que les services financiers et les banques en vue de favoriser la manifestation de la vérité, au plus tôt. De toute façon, ces autorités n'ont pas le choix, étant enserrés dans les liens de la coopération internationale dans les domaines judiciaire et financier. Tout manquement de leur part entrainerait des sanctions ou, tout au moins, une baisse du niveau de considération du pays de la part des autres pays et des institutions internationales », a-t-il confié à, lefaso.net.

Ndam Njoya Nzoméné

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