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On cherchait un Etat... [ Par Sénouvo Agbota ZINSOU]

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L’implication du système Gnassingbé dans le coup d’État manqué au Burkina Faso en septembre 2015, s’il en était besoin, ne fera que nous confirmer dans l’idée que nous nous faisons de ce système.

Lui c’est lui, peut-on affirmer, paraphrasant le fils. Le père est vraiment le fils et le fils est vraiment le père.

Lui c’est lui, le père et le fils étant identiques, le père et le fils se ressemblant comme deux gouttes d’eau, de la même substance dira-t-on. Et l’on cherche encore un État au Togo des Gnassingbé ? L’un et l’autre, le père et le fils auraient pu dire, imitant ce roi de France, eux qui, non seulement ont la prétention de régner sur le Togo comme sur un royaume, mais veulent tout faire pour mériter le titre « glorieux » à leurs yeux d’amis de la France : « L’État, c’est moi ! » . Et quel État ? Dans quel état baigne le Togo depuis plus de cinquante ans ?

Lui, c’est lui. Le père a créé un état (attention au minuscule), le fils veut le conserver, pire, l’étendre.

On cherchait un État et on découvre des spécialistes de coups d’État, de toutes les formes, toutes les couleurs, baignant dans tous les milieux où l’homme n’aimerait pas vivre, ne pourrait pas survivre, dans le sang, la mer, les fleuves, les rivières, les lagunes, la boue, les déchets, les prisons, les lieux de tortures et tous les mouroirs…étalage de cadavres physiques provoqués par la simple odeur à distance, le contact mortel des cadavres spirituels et moraux.
Lui, c’est lui. Le fils imite assez parfaitement le père. Il en est même fier. C’est lui-même qui nous l’a dit.

On cherchait un État basé sur les valeurs, en particulier les valeurs républicaines et on se trouve en présence d’un laboratoire, mieux, d’une industrie de coups d’État dont les détenteurs sont heureux et fiers de présenter leurs produits, d’exporter leurs produits partout ailleurs où des assoiffés de pouvoir, des dictateurs déchus, malades de ne plus jouir de leurs privilèges anciens leur font appel.
Lui, c’est lui. « Akpa mu dji na adewoe o ! » dit le proverbe mina. Tel père, tel fils dirait-on en français. Le père a exporté ses méthodes, ses recettes de coups d’État au Burkina Faso, le fils veut avoir « son » coup d’État parmi les Hommes Intègres. Il faut que ces derniers oublient très vite ce qu’ils sont, des Hommes intègres.

On cherchait un État de paix réelle, de stabilité et de solidarité qui ne soit pas que de surface, de slogans, solidement bâti sur le respect de la Constitution, des lois, et l’on ne trouve qu’une bande de criminels spécialisés dans la pratique de cette gymnastique rocambolesque et meurtrière qui consiste à piétiner les textes républicains, les vraies institutions de la République, à voler les urnes, à semer le désordre et le désarroi, à plonger le peuple dans un climat de terreur et de guerre civile tant que cette bande n’a pas accaparé la totalité du pouvoir. Hier, ils étaient éléments incontrôlés de l’armée, ils s’appelaient eux-mêmes Hacame (certains concitoyens, pour ironiser, prononçaient yakame, c’est-à-dire vauriens). Ils reviennent aujourd’hui sous le nom euphémique de « groupes d’auto-défense, selon leurs commanditaires. Ils peuvent se déguiser en hommes en uniforme, mais aussi se métamorphoser en journalistes, juristes, députés, ministres et même professeurs d’université… Tous au service du clan Gnassingbé.

Lui, c’est lui ! Cela pouvait se passer de commentaire. Face à leur volonté de puissance, aucun texte constitutionnel n’a de valeur aux yeux du fils tout comme à ceux du père.
On cherchait un État pour le peuple, tout le peuple et on se heurte à une minorité clanique ( y compris prédateurs et profiteurs de tout acabit) qui confond le Bien de la nation avec ses propres biens matériels, pire, qui veut exporter la même étroitesse d’esprit dans toute la sous-région, en sorte que les citoyens togolais qui veulent prendre pour modèle le changement réussi dans les pays voisins et renverser le système Gnassingbé soient réduits au silence et à la résignation.
Lui, c’est lui. La paix et la stabilité du fils comme celles du père, c’est non seulement d’être le seul maître à bord au Togo, mais aussi de ne pas souffrir un régime démocratique dans l’entourage immédiat.

On cherchait un État où la vie humaine a un sens, où l’horizon serait rose ou doré, pourrait être regardé avec sérénité, confiance et espoir pour tous, un État-nation que ses fondateurs ont défini dans leur vision comme l’Or de l’humanité, cependant que depuis plus d’un demi-siècle, des nuages de vautours s’abattent sur ce pays, le dévorent, le déchiquettent, le réduisent en lambeaux…et non contents du désastre commis, veulent l’étendre aux pays limitrophes.
Lui, c’est lui. Si vous estimez que c’est exagéré de dire qu’ils se ressemblent par leur caractère démoniaque, reconnaissez au moins, objectivement que la recherche du bien pour leurs populations et pour celles des pays voisins n’est pas leur propre.

Et l’on nous parle de dialogue !

Quelle parole raisonnable voulez-vous partager avec ces vautours, ces criminels impénitents, ces cadavres spirituels et moraux qui jamais n’entendent, ni ne disent ce qui est bien, ce qui est juste, ce qui est vrai, ce qui donne la vie et goût à la vie ?
Et l’on me parle de négociations !

Qu’avez-vous á négocier avec ceux qui ne savent que massacrer, égorger,, voler, exercer la violence ?

Et j’entends dire : légalisme !

Légalisme avec des hors-la-loi ? Des voyous vendeurs des instruments pour cribler tout ce qui est constitutionnel ?

Et vous voulez « raisonner juridiquement » ! Avec des gens qui ne reconnaissent qu’une seule juridiction : le nom Gnassingbé ? A qui le père avait-il montré son diplôme de droit avant de perpétrer son coup d’État du 13 janvier 1963, puis les autres pour se maintenir au pouvoir jusqu’à sa mort ? Juridisme, mon œil ! Et qui a déjà vu, certifié conforme le diplôme de droit ou un quelconque diplôme du fils avant qu’il nous joue sa comédie d’intronisation, pièce qu’aurait pu écrire un Alfred Jarry et pire, sa tragédie macabre d’élection, le tout presque dans la règle des trois unités (temps, lieu, action) sous prétexte d’élection ?

Et l’on me dit de les laisser finir leur mandat en cours !

Qui leur a jamais donné quelque mandat pour faire quoi que ce soit pour tuer, massacrer, frauder, voler ?

Pour tuer, massacrer encore combien de citoyens togolais ? Pour voler des urnes, des bulletins de vote, frauder encore sous le prétexte de combien de scrutins ?

Si vous vous apprêtiez à répondre : « C’est le peuple qui leur a donné mandat pour faire tout cela », vous savez très bien dans votre for intérieur que vous vous préparez à dire un gros mensonge comme eux. Comme ils en ont l’habitude. Car le peuple, le vrai peuple togolais a déjà dit ce qu’il attend d’eux : qu’ils s’en aillent. Et tout de suite.
Et s’ils n’entendent pas la voix du peuple togolais aujourd’hui, demain ce sont de plus en plus tous les peuples africains qui leur diront : « Gnassingbé, dégagez ! ».

Par Sénouvo Agbota ZINSOU


 

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