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Reprise et suspension du dialogue pouvoir-opposition. Quand le dilatoire donne raison au PNP [ Par Samari Tchadjobo]

Après une suspension d´un mois le dialogue togolais qui a repris ce vendredi 23 mars 2018 n´a pas comblé lers attentes de millions de togolais. À travers un communiqué plat et laconique le médiateur, président du Ghana Nana Akufo a fait suspendre les débats dont la reprise est repoussée à une date ultérieure.

À écouter ce communiqué on dirait qu´il n´y avait pas eu 4 semaines de suspension et que Nana Akufo n´avait pas promis de mener des consultations surtout du côté du pouvoir de Lomé.
En fait, cette reprise des pourparlers et la nouvelle suspension sont une preuve que les consultations menées par le chef de l´État ghanéen n´ont rien donné et que le régime Gnassingbé, comme à son habitude, n´avait pas voulu céder d´un iota.

Ce sur-place donne raison à ceux qui doutaient du bien-fondé du dialogue, et estimaient que les pourparlers sont un moyen pour Faure et Compagnie de jouer comme toujours au dilatoire.
Le dialogue inter-togolais démarré le 19 février 2018 est un échec. Il faut être obtus d´esprit pour ne pas le comprendre. Le miracle ne viendra pas du pouvoir de Lomé. Il est un régime de mauvaise foi, de mensonges et de crimes; il le reste et le restera.

Le retour à la constitution de 1992 avec toutes ses implications a pour conséquence le départ immédiat de Faure Gnassingbé du pouvoir. Nous sommes étonnés de lire certains compatriotes qui affirment que la délégation du RPT/UNIR aurait accepté vendredi après-midi au cours des pourparlers le retour à la constitution de 1992 à condition que leur champion puisse se représenter aux présidentielles de 2020; ce qui serait contradictoire à l´esprit de ladite constitution.
Des sources dignes de foi, proches des participants au dialogue, nous ont informés que la position des représentants du pouvoir, connue depuis le 19 février 2018, n´a pas bougé d´un pouce.
Si le dialogue est utilisé par le pouvoir pour casser l´élan et la force de la mobilisation du peuple, ne serait-ce pas une erreur grave de la part de l´opposition de continuer à y croire, alors que les mesures d´apaisement ne sont pas satisfaites et que beaucoup de nos compatriotes croupissent encore en prison à travers le pays?

Ceux qui ont critiqué Tikpi Atchadam pour ses sorties le week-end passé le feraient-ils encore aujourd´hui après les prémices d´un échec programmé du dialogue vendredi?
L´impatience et la crainte du PNP c´est de voir le pouvoir reprendre du poil de la bête en distrayant l´opposition par un dialogue qui ne sera pas différent des 26 derniers. C´est son mouvement du 19 août 2017 qui a tout déclenché et mis en difficulté un pouvoir comme jamais auparavant. Personne n´a le droit de l´oublier. Cette formation politique n´a-t-.elle pas le droit ou le devoir de veiller à ce que la flamme allumée le 19 août 2017 ne s´éteigne pas comme ça sans gloire?

Après les messages audio de Tikpi Atchadam le week-end dernier, certains se sont mis à traîter le leader du PNP de tous les noms, et ceci n´est que le comportement des détracteurs du parti du cheval. Sinon comment comprendre que des gens puissent se comporter comme s´ils avaient la mémoire courte.

Savent-ils seulement encore ce qu´il y avait avant le 19 août 2017 et ce que devrait être aujourd'hui la situation politique de notre pays s´il n´y avait pas eu ce samedi pas comme les autres d´août 2017?

Qu'on le veuille ou non, comme le 27 avril 1960, le 13 janvier 1963, le 05 octobre 1990, le 03 décembre 1991, le 19 août 2017 mérite sans nul doute d´être classé au panthéon des dates saillantes qui ont fait jusqu´à ce jour l´histoire comtemporaine du Togo; n´en déplaise aux détracteurs. C´est pourquoi évoquer la date du 19 août 2017 comme point de départ des mouvements actuels contre la dictature n´est nullement usurpé. C´est au contraire tout à fait légitime.

Avant la date du 19 août 2017 l'opposition traditionnelle était au bout du rouleau, sans idées nouvelles, sans stratégie, sans vision aucune et le peuple, fatigué, ne sachant plus à quel saint se vouer, s´était mis à se détourner peu à peu de la chose politique. Et c´est pourquoi ce régime dont l´assise repose sur le crime, ne veut pas pardonner celui qui a su trouver le bon bout, la bonne stratégie pour remobiliserr le peuple.

Et c´est tout à fait normal que tout leader politique conséquent veuille aller très vite face à un régime qui veut gagner du temps en continuant à monter ses plans diaboliques pour affaiblir et casser l´allure révolutionnaire du peuple.

Quant au dialogue proprement dit, le PNP n´y est pas hostile, mais craint que ce dialogue n´en soit pas un de trop par lequel le pouvoir tente de gagner du temps. S´il y était hostile il n´allait pas y envoyer ses représentants. Aujourd´hui, avec les évènements de vendredi où le dialogue, à peine repris, est de nouveau interrompu sans résultats, le parti à l effigie du cheval ne risque-t-il pas d´avoir raison quand il met l´accent sur les marches qui sont la force qui peut faire plier le régime?
Après la nouvelle suspension de vendredi et après ce communiqué creux de la médiation, ce sont les naïfs qui peuvent encore croire que le dialogue soit une panacée pour résoudre le problème togolais. Aujourd´hui où l´échec du dialogue est presque consommé, la coalition de l´opposition doit-elle se sentir encore liée à l´accord de ne pas manifester pendant la durée des pourparlers? Et si le dialogue reprenait, pourquoi les 14 partis de l´opposition ne pourraient-ils pas imposer au médiateur la possibilité pour le peuple de marcher parallèlement aux assises?

C´est la question qui brûle sur toutes les lèvres au Togo et dans la diaspora chez les partisans de l'alternance politique. Tout le monde attend des 14 partis de la coalition qu´à leur prochaine sortie de fortes décisions soient prises dont la reprise des marches, seules armes à la disposition du peuple. Sinon le statu quo n´arrange que le pouvoir cinquantenaire.

L'appel du PNP et de son leader Tikpi Atchadam sur la pertinence de la reprise des marches sera-t-il entendu, ou les ego vont-ils reprendre droit de cité au risque de fragiliser la coalition de l'opposition?

Samari Tchadjobo
Allemagne

 

 

 

 
 

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