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De Colmar à Accra en passant par Ouagadougou, ou la tragédie togolaise ! [ Par Bodi Banche BODELIN]

Tel aurait pu être le titre d’une pièce de théâtre que j’allais écrire si j’avais du talent !
Faute d’écrire une pièce de théâtre, je me permets d’interpeller nos consciences individuelles et collectives pour dire que nous faisons la honte de l’Afrique et des Africains, nous faisons la honte des pays francophones et de toute la francophonie, nous faisons la honte de la race noire tout court !
D’où vient-elle, cette race d’hommes politiques dont l’histoire est comparable à celle des héros de la tragédie grecque ?

Que veulent-ils ces personnages, qui de leur vivant ou à titre posthume, utilisent leurs héritiers biologiques ou politiques pour trainer d’année en année, de génération en génération, l’honneur des Togolais, l’image de la Patrie dans la boue et le déshonneur ?

A quelle race de leaders avons-nous affaire pour qu’ils ne soient pas capables de trouver en eux, des ressources nécessaires pour étouffer leur égo, pour arrêter leurs calculs de bas étages pour que triomphe l’intérêt de la Patrie ?

De quelle maladie souffrons-nous pour que nous ne soyons pas capables d’oublier notre passé fait de déchirements et de conflits, de taire nos rancœurs, nos ressentiments pour faire face à l’avenir ?
Quelle tare nous empêche de comprendre que l’avenir est plein de défis et de menaces qui transcendent nos petits cadres familiaux, ethniques, défis et menaces auxquels nous ne pourrons faire face que si nous sommes animés d’une farouche volonté de vivre ensemble ?
Avons-nous besoin des gens de la race de Jerry John Rawlings pour nettoyer les écuries ?
Avons-nous besoin des gens de la race des Paul Kagamé pour débarrasser le pays d’une certaine vermine politique qui ne pense qu’à son ventre, qu’à son bas ventre, plutôt qu’à la relève de demain, plutôt qu’aux nobles serviteurs de la République qui, au soir de leur vie, se retrouvent dans un total dénuement ?

D’où viendra le visionnaire implacable qui du Togo, fera l’autel sur lequel, sans état d’âme, il sacrifiera, impitoyablement les empêcheurs de tourner en rond, les dérailleurs du train du développement, les perturbateurs de la paix sociale afin d’engager le pays sur la voie d’un vrai développement et du bonheur du Peuple ?

Il ne viendra pas de Paris, il n’était pas venu de Colmar, de Ougadougou, il ne viendra pas d’Accra !

Tous ceux qui ont réussi et que nous nous plaisons à citer en exemple, sont des êtres faits de sang et de chair comme nous Togolais à la seule différence que ceux- là savent trouver les solutions à leurs problèmes dans leurs consciences, dans leurs cœurs et dans leur foi en Dieu et dans la Patrie !
Aucune solution ne viendra d’ailleurs ni d’un quelconque Président, en dehors des placébos imparfaits ! Aucun dialogue, aucun accord à venir n’apporteront de solution à nos problèmes sociopolitiques si nous n’y mettons pas du Nôtre !

Dans son allocution de clôture du Dialogue inter togolais de juillet 1999, Son Excellence Monsieur Moustapha Niasse, Facilitateur au titre de l’Organisation Internationale de la Francophonie, interpellait déjà chacun de nous à « faire sa part » en ces termes :

« Si nous sommes parvenus à un accord-cadre, il serait grave que nous considérions que nous sommes arrivés au terme de notre mission, qui est une longue marche au service de l’homme, de sa liberté, de son épanouissement, de l’accomplissement de son destin.
Une étape a été franchie. Il en reste, il en restera d’autres.
Il nous reste à prouver, pour l’avenir immédiat comme pour les échéances plus éloignées, que nous sommes en mesure de mettre en application nos positives résolutions. Nous le pourrons si nous le voulons. »

Qui n’a pas voulu, qui n’a pas fait sa part ? Dix-neuf ans après cet accords, presque tous les Acteurs majeurs sont vivants, sauf le Général Eyadéma qui a passé le flambeau à son fils Faure Gnassingbé.
Quels comptes ces Acteurs majeurs ont pu faire au Peuple togolais pour dégager les responsabilités individuelles et collectives ?

Il est plus facile d’accuser que de s’assumer !
Que vive le Togo !

Bodi Banche BODELIN,
(Au nom de la Patrie,
Lomé, 08 mars 2018,
A Fatima Yéléna, ma maman)

 

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