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Appel à la Raison, au Patriotisme et à l'Unité nationale [Par Nicolas LAWSON Président du PRR]

La majorité du peuple togolais est en souffrance et notre pays en pleine liquéfaction de pourriture. C’est la raison des manifestations populaires pour réclamer de la justice sociale, de la dignité, le bien-être et la fin de la confiscation du pouvoir politique par une minorité. Une folie tragique s’est emparée de cette minorité, qui ne cherche pas à comprendre cette expression légitime. Elle s’est engagé dans un combat suicidaire contre l’opposition et naturellement contre la majorité sociologique dans le pays, qui se retrouve cette fois-ci du sud au nord.

Nous savons tous que le mal est récalcitrant et tenace. Il ne lâche pas prise volontairement, sans une résistance opiniâtre, presque fanatique. Alors, que nos frères et sœurs de la minorité, qui saccagent notre économie nationale, affament la majorité de notre peuple et abaissent notre patrie en ce moment, sachent donc que le mal est incapable de s’organiser de façon permanente. Leurs efforts, actuellement, pour se servir de la violence d’Etat et des subterfuges et pour faire du dilatoire afin de s’opposer aux revendications populaires, sont voués à l’échec. Toute vérité terrassée se redresse toujours. Ainsi, après une longue et pénible lutte, le peuple résistant finira par triompher grâce à la providence divine et la minorité se perdra dans l’avilissement.
En étant prêts à sacrifier des vies humaines sur les autels de leurs propres intérêts au lieu de consentir le compromis historique. En agissant pour étouffer les revendications populaires sous le bélier des injustices sociales et de la force brutale. La minorité rebelle au peuple finira par laisser notre nation dans la faillite morale, économique et sociale. N’y a-t-il pas des gens sages parmi eux pour savoir qu’on ne tire jamais indéfiniment de traites sur les réalités de la nature ? Elles finissent par être présentées pour paiements et sans effets. Comment croient-ils qu’il est possible de diriger le Togo vers l’émergence et de garantir la paix sociale avec leur gouvernance aussi délictueuse et criminogène ? On n’entre pas honorablement dans l’histoire par la flétrissure, sans plan et sans espoir. Tous nos systèmes de valeurs, discipline, ordre, sécurité, solidarité, etc ; ont craqué et s’écroulent, nous conduisant irrésistiblement et dans l’instabilité à la banqueroute et au désastre. Alors pourquoi, la minorité souhaite que Mr Faure Gnassingbé soit encore candidat en 2020 et en 2025 ? Ne l’a-t-il pas déjà trahi en ruinant le pays et en végétant dans la corruption, dans la cupidité, dans l’incompétence et dans la délinquance ? J’en éprouve une lancinante douleur et une profonde colère.

Nous constatons au PRR qu’il manque un cadre intellectuel permettant d’analyser avec impassibilité les forces antagonistes dont nous sommes le jouet. Nous sommes pris de la sorte dans une nouvelle crise et nous essayons de louvoyer sans boussole et sans véritable dessein. Dans une telle situation, allons-nous répéter les erreurs du passé ? La synthèse n’est donc pas seulement utile. Elle est cruciale. Nous devons admettre que nos anciens mode de pensée, nos anciennes formulations et nos anciens dogmes ne correspondent pas aux réalités d’aujourd’hui, tout comme ils ne nous avaient pas permis de mettre un terme à la crise politique et d’avoir le changement et l’alternance tant désirés par notre peuple. Mais nous sommes optimistes au PRR même si les années de transition, qui nous attendent, peuvent être, selon toutes vraisemblances, tumultueuses et fertiles en crises.

Il y a un prix à payer pour avoir la paix, le changement et l’alternance. Nous savons que l’adaptation au changement pose certaines difficultés mais le refus de procéder dans des délais suffisamment courts à certains changements devient plus coûteux. Alors quand l’ordre social existant s’écroule, quand la vie des gens se disloque, il faut s’accorder tout au moins le droit à des erreurs et à l’échec et reconnaître aussi à ses adversaires le droit de détenir une certaine vérité.
Notre pays est confronté à un nouveau bouleversement social, qui exige un processus de restructuration créatrice. Ce processus, qui déchire les familles et les tribus, ébranle les fondations même de notre société et de notre économie, paralyse notre système politique et dynamite nos valeurs, nécessite un nouveau code de comportement et une nouvelle gouvernance. Le futur ne peut plus être la continuation du passé et du présent. Nous devons changer le présent et accepter de concevoir une autre façon plus éclairante et plus constructive de bâtir notre avenir. La crise actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle nous interpelle pour une transformation profonde de nos façons de vivre, de travailler et de penser. Si nous en sommes capables alors un futur sain et désirable est du domaine du possible. Nous verrons clairement les grands axes du changement. Nous agirons en conséquence pour libérer notre intelligence et notre volonté afin de livrer un combat d’avant-garde pour le développement économique et social de notre chère patrie, pour élever nos compatriotes à la dignité humaine et pour leur assurer le bien-être, la sécurité et les libertés.

Nul n’a intérêt à vouloir conserver le pouvoir dans son exercice actuel ni à se précipiter par opportunisme sur le fauteuil du pont du Titanic en perdition. Chacun doit réaliser que les escarmouches politiques à courte vue épuisent les énergies de notre peuple et subjuguent les attentions à l’extérieur, en abaissant notre prestige national. Les défenseurs du passé comme les champions de l’avenir doivent savoir que rien n’est simple dans l’histoire. Le rôle des patriotes, en ce moment difficile de notre histoire, est de chercher à donner une impulsion aux espérances de notre peuple. Nous devons avoir l’audace de croire que tout homme peut changer, que nous pouvons en finir avec la misère, la faim, l’oisiveté, les délinquances, les maladies et le despotisme. Le PRR voit dans cette nouvelle crise la promesse de la paix et de l’harmonie. Il faudra du travail pour tous, l’égalité des chances, la justice sociale, la valorisation conséquente des salaires, la sécurité pour tous, la garantie des libertés individuelles et collectives, une lutte implacable contre la corruption et la fin de l’impunité. Nous devons nous mettre au travail avec acharnement. Avec des financements publics et la modernisation, nous devons développer notre agriculture et éradiquer la misère.

Notre société est aujourd’hui incontestablement oppressive pour la majorité de la population. Elle est anxiogène, écologiquement précaire, belliciste, injuste et psychologiquement répressive. Il nous faut sans délai mettre un terme aux tensions sociales, aux inconforts psychologiques de ceux qui ne sont pas proches du pouvoir et qui subissent douloureusement l’ostracisme et les injustices de toutes sortes. Notre diaspora, qui contribue à la création de richesses dans le pays, à la réduction de la misère de leurs parents, exigent une participation à la vie politique du pays. C’est leur droit et c’est une chance pour notre patrie. Notre République ne doit pas demeurer une jachère perpétuelle du pouvoir pour les partis politiques. Elle doit avoir des sauvegardes théoriques et devant le péril public, il faut un recours, qui doit mettre en œuvre avec le concours direct du peuple des institutions fiables pour embrasser l’avenir. Sachant que l’intérêt supérieur et permanent du pays a, au-dessus de tout, son instrument et son répondant en la personne du Chef de l’Etat, le peuple togolais, qui constate que ce dernier ne lui parle pas et semble le mépriser, en laissant une minorité s’accaparer des ressources du pays, ne peut souhaiter que son départ. Aucune féodalité, aucune coterie ne doit s’accrocher à lui pour conduire le pays vers le chaos. Il doit comprendre cela et en tirer des conclusions.

Le moment est venu de proposer au peuple togolais les réformes définitives, de mettre un terme à nos préventions passionnées et de satisfaire les exigences du peuple. C’est pour cela qu’on fait la politique et non pour les intérêts d’une minorité. Il faut sans tarder arrêter notre propension à la division politique, notre inclination au tribalisme et notre dispersion en tendances verbeuses. La politique d’une nation n’est pas un jeu de cirque et d’égos. Notre unité nationale et la paix civile doivent prévaloir pour aider à résoudre nos problèmes économiques, sociaux et de nos mœurs.
Notre République devra demeurer forte, ordonnée et juste. Nous n’avons pas le droit, qui que nous soyons et quelle que soit la position sociale où nous nous trouvons temporairement, de livrer encore notre peuple aux violences et aux jeux cruels et destructeurs des années 1990 et de l’année 2005. La disparition de Feu Général Gnassingbé Eyadema de la vie doit nous enseigner que nul n’est indispensable ni éternel. Le Togo ne doit pas être jeté dans l’abîme. La raison doit prévaloir afin que notre République continue d’avoir une chance d’être solide, efficace et populaire, en dépit des démons de nos divisions et de nos ambitions personnelles. Rien de durable ne peut et ne doit s’accomplir sans le concours et le consentement du peuple. J’appelle nos politiciens à la raison et au patriotisme pour préserver l’unité nationale et permettre l’œuvre de redressement national.

Que Dieu Tout-Puissant nous inspire, nous guide et nous protège.

Fait à Lomé : le 23 Septembre 2017.
Nicolas LAWSON
Président du PRR

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