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Le Gabon interdit l'importation des poulets de France

La mesure apparait aussi comme une opportunité pour la filière avicole locale ou sous régionale. Le retour de la grippe aviaire dans l'élevage en France a été annoncée depuis le 2 décembre 2016 après la découverte d'un foyer du virus de type H5N8 qui est selon les experts, «hautement pathogène» pour les oiseaux. Et depuis cette découverte, l'on dénombre actuellement près de 109 foyers de type H5N8 du côté de l'Hexagone.

D'après des experts, le virus H5N8 est plus meurtrier que ne l'était la souche H5N1 apparue en Dordogne en 2015. Pour cette souche, aucun vaccin n'a été autorisé jusqu'à présent par la commission européenne. C'est dans le but de préserver le Gabon d'une éventuelle propagation de cette épidémie que les autorités ont décidé d'interdire les importations de la volaille française dans le pays. C'est le ministre de l'Agriculture, de l'élevage chargé de la mise en œuvre du Programme graine, Yves Fernand Manfoumbi, qui a pris un arrêté, interdisant l'importation des volailles, des œufs et des poussins. D'après le communiqué rendu public par le ministre, cette mesure vise à mettre le Gabon à l'abri d'une éventuelle épidémie de la grippe aviaire. «Pour éviter une éventuelle introduction de ce virus sur le territoire gabonais, le gouvernement a décidé de prendre cette mesure conservatoire de l'interdiction stricte d'entrée sur le territoire gabonais, de toutes espèces de volailles vivantes, d'importations d'œufs à couver et des poussins d'un jour, des oiseaux de compagnie et des oiseaux sauvages en provenance de la France», précise le communiqué.

Une mesure adéquate pour certains analystes quand on sait que pour alimenter son marché, le pays d'Ali Bongo importe habituellement la volaille de la France qui subit cette épidémie de plein fouet. Pour faire face à la menace, Yves Fernand Manfoumbi explique que les dispositions ont déjà été trouvées afin de lutter contre toute importation illicite de volaille en provenance de l'Hexagone. «Les agents du ministère de l'Agriculture procéderont au renforcement de l'épidémio-surveillance et l'intensification des mesures de biosécurité dans les élevages, tout en renforçant les mesures de protection au niveau des frontières», indique le communiqué.

A quelque chose, malheur est bon

L'on se rappelle que le gouvernement gabonais n'est pas à sa première mesure du genre. En 2016, suite à la mort de 15 000 poulets survenus à la ferme de Mvog-Betsi à Yaoundé au Cameroun, le gouvernement avait interdit l'importation de la volaille et de porc de ce pays voisin. Il a été à cet effet procédé au renforcement de l'épidémio-surveillance dans les élevages. Il est à noter qu'actuellement l'Europe est à plus de 724 nouveaux foyers de grippe aviaire de sous type H5N8 déclarés. L'introduction du H5N8 dans les élevages se fait directement ou indirectement par les migrations de la faune sauvage. La Société meunière agricole du Gabon (SMAG), filiale du groupe Somdiaa, considérée comme le numéro 1 de l'élevage au Gabon, produit et commercialise plus de 40 millions d'œufs par an et dispose d'un couvoir qui lui permet de faire naître jusqu'à 350 000 poussins par an.

De cette façon, elle assure une certaine autonomie à cette filière avicole et prévient les risques de rupture d'approvisionnement. Le savoir-faire avec les éleveurs locaux et contribue ainsi à la constitution d'une filière avicole nationale forte, après un long déclin ayant favorisé les importations massives de poulets et d'œufs. En 2014, la SMAG a doublé sa capacité de production à 50 000 tonnes d'aliments pour animaux par an, contre 25 000 tonnes en 2011 et moins de 5 000 tonnes en 2004. Résultat, le filière avicole Gabonaise redécolle.

François T. Evembe

 

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