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Acharnement tribal des complices de Faure Gnassingbé sur Sokodé et Bafilo Jusqu´où iront-ils dans la folie ? [ Par Samari Tchadjobo]

Plus bête et méchant que le régime togolais, tu meurs!

C´est le moment où toute l´attention de la Communauté Internationale et surtout des organisations nationales et internationales de défense des droits de l´homme est braquée sur ce petit îlot de terreur appelé Togo, à cause des flagrantes violations passées et récentes des droits humains, que choisissent les jusqu´au-boutistes du clan Gnassingbé des régions bien ciblées de notre pays pour semer mort, psychose et désolation.

En effet, depuis le 19 Août 2017, début des manifestations de l´opposition inaugurées par le Parti National Panafricain (PNP), le pouvoir, apeuré par le sérieux des contestations, avait sorti les grands moyens en optant pour la répression aveugle: militaires déguisés en gendarmes, tirs à balles réelles, milices armées semant la terreur au vu et au su des forces de l´ordre officielles. Conséquence d´une telle barbarie sans pareille: beaucoup de morts dont des enfants en bas âge, des blessés et des incarcérés sans motif valable sur toute l´étendue du territoire.
Si à Lomé, à cause des pressions internationales et de l´intransigeance de la coalition de l´opposition, le caractère pacifique des manifestations semble être plus ou moins accepté-même si c´est du bout des lèvres- et encadré par le pouvoir, certaines localités de l´intérieur du pays n´auront pas cette chance.

Les manifestations de l´opposition de Septembre 2017 furent l´occasion pour le pouvoir de jeter son dévolu sur certaines localités comme Mango, Bafilo et Sokodé. L´instrumentalisation des populations qui a toujours fait croire que le Nord du pays constitue le fief de la dictature, est mise à nu par le réveil révolutionnaire et la soif du changement dans ces villes et dans beaucoup d´autres encore comme Kara.

Une répression militaire terrible s´abattit alors sur les trois villes. La chasse à l´homme était devenue si insupportable à Mango que beaucoup d´habitants n´avaient dû leur salut qu´en se réfugiant en brousse ou au Ghana voisin. Depuis, Mango est devenue une ville semi-fantôme où les populations ne se sentent plus en sécurité, vu les incessantes patrouilles militaires.
Les préfectures d´Assoli et de Tchaoudjo devinrent depuis ces manifestations de Septembre des régions assiégées de nuit et de jour par des militaires. Expéditions punitives faites de bastonnades jusque dans les domiciles privés où personne n´est épargné: vieillards, chefs coutumiers, vieilles et jeunes femmes, adolescents, enfants en bas âge doivent goûter aux gourdins, ceinturons, crosses de fusil. Il n´est pas rare que nos para-commandos se servent de pilons trouvés dans les concessions pour frapper les malheureux sur toutes les parties du corps et le bilan se résume en fracture de bras et de jambes et des têtes fracassées. En dehors des chefs-lieux Sokodé et Bafilo, l´horreur militaire s´étend dans tous les villages des cantons des deux préfectures. Des kidnappings de jeunes valides et de toute personne accusée d´on ne sait quoi et qui se trouverait sur leurs listes, sont opérés de jour comme de nuit. Amenés au camp militaire ou à la gendarmerie, sans l´assistance d´aucun avocat, ces jeunes sont livrés aux actes de torture de toutes sortes.

Voilà brièvement décrit l´état de terreur, de psychose et de peur dans lequel vivent les populations de Sokodé, Bafilo et des villages environnants depuis le 19 Août 2017. Beaucoup de ceux qui se sont réfugiés en brousse pour échapper à la vendetta militaire hésite à revenir, car les rares courageux qui ont osé faire le pas ont été arrêtés ou sauvagement bastonnés par des militaires qui patrouillent nuit et jour dans toute la préfecture.

Sous pression internationale le pouvoir de Faure Gnassingbé semble être contraint de lâcher du lest en ce qui concerne la liberté de manifester et l´encadrement des manifestations. C´est pourquoi, même si, ici et là des miliciens armés furent décelés parmi les manifestants et molestés, les manifestations des 07 et 08 Novembre 2017 se sont déroulées dans de bonnes conditions à Lomé. Par contre à Bafilo et à Sokodé c´est très tôt le matin ce 07 Novembre que des bérets rouges ont investi tous les points de ralliement des manifestants pour commencer à taper sur toute personne aperçue dans les environs. Des passants qui n´avaient rien à voir avec la marche sont arrêtés, sortis de leurs voitures ou descendus de leurs motos avant d´être tabassés jusqu´à épuisement, et cerise sur le gâteau, voitures et engins à deux roues sont détruites et certaines des victimes dépouillées de leur argent.

Beaucoup qui avait la malchance de tomber nez à nez avec les militaires, après avoir été bastonnés, sont obligés de se rouler dans l´eau sale de ruissellement faite de boue. Des domiciles privés sont visités, des portails fracassés, les habitants sauvagement molestés et blessés.
Hier 07 Novembre à Sokodè et à Bafilo, dans beaucoup de quartiers il y eut un ratissage par les militaires de maison en maison pour en chasser les habitants qui n´avaient dû leur salut qu´en prenant le chemin de la brousse. À Sokodé l´image de cet enfant d´à peine 10 ans, l´oreille déchirée et la tête ensanglantée a fait le tour du monde sur les réseaux sociaux. Ce sont nos "vaillants" parachutistes des FAT qui ont tiré à balles réelles sur le malheureux jeune homme qui se promenait dans son quartier. Et le comble de l´horreur, c´est que beaucoup de ces blessés graves se cachent dans leur chambre ou en brousse, n´hésitent pas à aller se faire soigner, de peur d´êtrte détectés par leurs bourreaux de militaires qui n´hésiteraient pas à reprendre la chasse à l´homme.
À Tchaoudjo et Assoli les militaires bastonnent, tirent à balles réelles, blessent et refusent à leurs victimes de se faire soigner. Nos militaires semblent donc être envoyés pour blesser et détruire la vie humaine, c´est pourquoi ils ne donnent aucune chance aux blessés qui sont obligés de se cacher au risque de mourir par hémorragie ou infection.

Même les bonnes volontés qui se sont déplacées à Sokodé pour aider les victimes des exactions militaires, ne sont pas à l´abri des tracasseries ou menaces de ces mêmes militaires.
« J'ai fui l’hôpital hier et la ville de Sokodé. Les militaires lourdement armés étaient venus à l’hôpital et ont demandé à voir la personne qui s’occupe des blessés. Les infirmiers m'ont alerté de me mettre à l’abri et j'ai réussi à fuir le CHR dans des conditions très déplorables ».
C´est la triste histoire de M. Assiba Johnson, président du Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement (REJADD), qui a failli être kidnappé par des militaires au HCR de Sokodé. Son seul tort, s´être déplacé avec ses collègues pour venir en aide aux blessés après le passage musclé des militaires dans les quartiers ou domiciles privés. Après avoir passé la nuit en brousse, M. Johnson avait dû quitter précipitamment l´enfer de Sokodé dans des circonstances rocambolesques.

Cet article ne suffirait pas pour énumérer les scènes d´horreur à Sokodé, Bafilo, Koumondè, Agaradè, Kparatao, Kadambara, Yèlivo, etc....à mettre sur le compte des militaires de l´armée togolaise.

Et ce qui frappe l´attention de l´observateur c´est le curieux hasard qui veut que les deux communautés ciblées et harcelées soient d´une même éthnie.

D´où vient l´ordre de s´en prendre aux citoyens togolais de ces deux localités, origines de Tikpi Atchadam, leader du PNP, l´homme par qui le réveil de l´opposition et du peuple est arrivé?
Quel est le plan des donneurs d´ordres? Assiéger militairement et en permanence Tchaoudjo et Assoli pour étouffer le germe de la contestation, même s´il faut pour cela aller au génocide?
Dans un de nos articles publié il y a deux semaines, nous attirions l´attention du monde sur ce qui ressemblait déjà à un début de génocide à huis clos de la communauté Tem(Kotokoli) dans les deux préfectures. Cet harcèlement des extrémistes du pouvoir sur une communauté donnée ne peut pas être anodin.

Avant de connaître tous ceux qui foulent au pied la dignité et la vie de leurs concitoyens pour leurs privilèges dûs au pouvoir politique, nous voudrions une fois encore interpeller en premier lieu Faure Gnassingbé et Abalo Katanga, respectivement Chef de l´État, Ministre de la Défense et Chef État-Major de l´Armée, leur rappeler que le pouvoir politique n´est pas tout et qu´en abuser, parce qu´on est le plus fort du moment n´est pas le plus intelligent des choix.

Samari Tchadjobo
Allemagne

 

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