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Soro Guillaume, de qui se moque-t-il? [ Par Alice-Rosine Bécan Tiékpa]

Le 17 février 2018, à Krindjabo, Soro Guillaume se dit malheureux et se morfond du fait qu’il y ait toujours des Ivoiriens, y compris Soul To Soul, embastillés dans les prisons et d’autres en exil forcé depuis l’avènement de Ouattara au pouvoir en 2011. Il poursuit, en donneur de leçon, pour dire que l’exercice du pouvoir ne donne pas droit au refus du pardon et au refus de relever l’autre. Soro Guillaume doit savoir que ce qu’il vit est l’accomplissement de son plan d’asservir la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens, non Nordistes, pour le règne de son maître Alassane Ouattara.

S’étonner que depuis 7 ans, après la crise postélectorale, des Ivoiriens continuent de respirer la haine et la méchanceté, et, se poser la question de savoir quand est-ce que ce cycle va se terminer est déshonnête de la part de Soro Guillaume. Depuis cette date fatidique et lugubre, dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens ont fait humainement l’essentiel. Cet essentiel, c’est le pardon à leurs bourreaux. Le pardon vital qui incline à ne pas juger ni condamner un autre individu. Ce pardon qui est un acte de guérison pour leurs meurtrissures endurées. Ce pardon qui enseigne qu’aucun péché ni aucune culpabilité n’est retenu contre quelqu’un. En pardonnant, les Ivoiriens considèrent à leur corps défendant qu’en Côte d’Ivoire, rien n’est arrivé, sauf dans un rêve, et les rêves ne sont pas réels. Qu’est-ce que Soro demande de plus aux Ivoiriens ? Ou bien, Soro attend-t-il des Ivoiriens, qu’en plus de leur pardon, ils oublient la déferlante de brutalité sauvage qui s’est abattue sur eux et qui a causé au moins 3000 morts, en moins d’un trimestre, après le 2ème tour des présidentielles de 2011 ; sans compter les indéchiffrables morts de sa rébellion qui a duré une décennie ?!

Soro a fait tout cela pour assouvir la soif de pouvoir de son père Ouattara afin que leurs troupes se remplissent, indument, les poches et se gavent de lait, de miel et d’orgies. Quant à l’oubli que Soro demande, cette valeur est un processus naturel continu des blessures morales et psychologiques. Cet oubli ne se solde donc pas en un tournemain. Surtout qu’en Côte d’Ivoire, ces plaies morales sont exacerbées, chaque jour davantage, par le bourreau vainqueur. Celui-ci continue de dicter sa loi par une gestion sectaire du pouvoir d’Etat. Une gestion faite de brimades, de torpilles des institutions de la République, de découpages malsains du Territoire, des contorsions du système électoral, de pillages par association familiale et clanique des deniers de l’Etat, d’affairisme farfelu, de système d’imposition inconsidéré et mafieux, de rattrapages ethniques effrénés jusque dans les nominations de directeurs d’école primaire. Les Ivoiriens appellent simplement Soro à la raison, à arrêter ses jérémiades, ses propos hypocrites et à essuyer ses larmes de crocodile.

Enfin, ils exigent de lui qu’il fasse disparaitre le désordre qu’il a installé dans le pays au profit de l’avènement d’un ordre nouveau. Et ce, par des élections sécurisées, ouvertes, transparentes et démocratiques en 2020 sous le contrôle d’une CEI aux normes. Que Soro retienne que dans la grandeur de leur dignité et pour que la vie continue, les Ivoiriens sont des êtres blessés mais qui ont su pardonner, laissant le soin à Dieu de déverser une braise ardente sur la tête de ceux qui leur ont fait tant de mal. En cela, je paraphrase le Prêtre et Ecrivain Gérard Bessière qui soutient que l’homme qui pardonne rend Dieu présent…

Alice-Rosine Bécan Tiékpa

Militante du PDCI-RDA

 

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